Ouverture des frontières – le grand bazar !

Ouverture des frontières – le grand bazar !

On ne sait plus quoi faire. Les pays ouvrent les uns après les autres, inventant pour chacun des méthodes inédites, imposant au voyageur “courageux” de garder ses nerfs. l’invitant à croire en son destin car chacune de ces règles est susceptible de changer précipitamment… Dans ce contexte, un peu de recul sur l’origine de tout cela, l’état des lieux aujourd’hui et ce qui, si le monde revient à plus de sagesse, devra se produire bientôt.

1) A l’origine

En mars, contre toute attente et devant le monde médusé, les frontières se sont fermées les unes après les autres ; Certaines brutalement, rendant les rapatriements complexes, longs et pénibles, d’autres plus doucement. Mais cette décision inédite dans notre histoire mondiale, on le sait aujourd’hui, se justifiait :

  • Nous ne savions pas de quoi ce virus était capable
  • Nous ne connaissions pas avec précision les dommages humains qui en ressortiraient
  • Nous ne savions pas comment nous en protéger et encore moins le traiter.
  • Nous pensions qu’il fallait se confiner dans son propre pays pour pouvoir mieux lutter

 

Depuis cette période terrible où le monde entier a sombré dans la peur, on le voit chaque jour, les progrès sont là. Certes encore limités mais on comprend mieux le virus :

  • On connaît les gestes barrières susceptibles de nous en protéger : le masque, le gel hydro alcoolique et la distanciation sociale.
  • On sait mieux le traiter : évidemment, les différences par pays sont notables mais les chiffres montrent malgré un nombre croissant de cas, une baisse constante de la mortalité
  • On sait qui est à risque : les personnes âgées et celles ayant des comorbidités quasi exclusivement
  • On sait que ce n’est pas la peste noire : la mortalité toujours trop importante fut bien moindre que les scenarios avancés en mars. Les maladies “existantes” dont on ne parle plus d’ailleurs, ont repris le dessus au niveau statistique.

2) Aujourd’hui :

Dans ce contexte, pourtant, les frontières continuent d’être fermées ou contrôlées. Si le contrôle par l’intermédiaire de tests PCR demeure intéressant à l’entrée sur un territoire, la fermeture des frontières et l’ouverture aussi deviennent aujourd’hui assez incompréhensibles :

La fermeture tout d’abord :

Aimant passionnant voyager et en vivant même, il y a forcément conflit d’intérêt. Mais comment comprendre que l’on maintienne la fermeture des frontières alors même que les pays les plus fermés sont parfois les plus touchés. Un exemple fabuleux : le Royaume Uni. Il impose une quarantaine à quiconque entre dans son territoire depuis de longues semaines, obligeant même ses propres ressortissants à rentrer précipitamment au cœur de l’été dans leur pays. Et pourtant… Le nombre de cas repart à la hausse.

 

Malgré la fermeture de ses frontières depuis fin mars, l’Afrique du Sud n’a atteint son pic qu’en juillet… Le danger ne venait donc pas de l’extérieur. Les Etats Unis se sont aussi recroquevillés. Ils ont même été les premiers. Et pourtant, ils ne cessent de battre des records macabres.

 

La fermeture n’est plus une solution, c’est aujourd’hui avéré. La seule raison de maintenir cette fermeture réside dans des décisions politiques qui flattent la peur entretenue et surtout dans le manque de respect des fameuses règles pour se protéger de ce virus, citées plus haut. Il est intéressant ainsi de voir que le port du masque n’est pas obligatoire partout au Royaume Uni et ne l’était même pas au travail. De la même manière que le port du masque en extérieur, où les scientifiques disent unanimement qu’il est vain, la fermeture des frontières et leur maintien à cet état, permet de parler aux peuples, les rassurer mais au-delà de la bêtise de telles décisions, on peut craindre le précédent que cela crée. L’étranger déjà bien malmené par les populismes du monde entier demeure une menace dont il est difficile d’estimer aujourd’hui les conséquences… On peut cependant les craindre d’ores et déjà.

L’ouverture (le grand bazar) :

Quand les pays ouvrent, chacun prend ses propres décisions. Comme pour la lutte contre le virus, alors que l’humanité dans sa globalité est touchée, chaque pays prend des mesures qui lui sont propres. On nous vend une collaboration internationale, réelle en ce qui concerne la recherche de vaccin. Mais en matière de retour à la vie et à l’activité, on peut légitimement avoir l’impression que chaque pays agit seul avec ses problématiques propres, ce qui est d’une absurdité incroyable. Le manque de travaux multilatéraux, l’absence ou la déficience d’organismes internationaux comme l’ONU, l’Union Européenne ou l’Union Africaine, ont ainsi laissé chaque pays se dépatouiller avec une ouverture de ses frontières. Voici un florilège :

 

  • L’ouverture totale et sans condition : la Tanzanie est l’un des rares pays à avoir pris cette décision fin juin. Fin avril, le président avait décidé que le virus avait disparu. Décision totalement irresponsable car on ne peut croire que la région de Dar es Salaam ou celle de Zanzibar, très peuplées, n’aient pas leur foyer. Toutefois, la faible mortalité a peut-être ramené ce seul pays à la raison. Cela met toutefois le doute… Car malgré des articles alarmistes, les données officielles ou de la presse ne sont pas du tout alarmistes. La situation politique, elle, est beaucoup plus inquiétante. Mais c’est un autre sujet. Ce fut aussi le choix pour les nombreux voyageurs intra européens… avec des revirements de politique dramatiques et des fermetures brutales ou nouvelles mesures
  • L’ouverture mais avec présentation d’un Test PCR fait 72h avant l’arrivée dans le pays (ou le départ, nuance importante) : Ce choix est le plus répandu et le plus réaliste… Enfin il l’était quand on pouvait avoir le résultat de son test PCR en 48H ; aujourd’hui, une telle exigence équivaut à une fermeture de frontière. Le Kenya mais bien d’autres pays ont choisi cette voie. Certains rallongent le délai à 96h.
  • L’ouverture avec test PCR et un test à faire pendant le voyage. Plusieurs pays imposent cela. La Namibie, pays désertique s’il en est, a décidé de rendre obligatoire un test après 5 jours de voyage, où que soit les clients (souvent au milieu de nulle part) ; résultat au 7ème jour (on suppose donc qu’en 2 jours le test fait aura son résultat). Et si tout va bien, le voyage continue normalement… Les éléments concrets sont encore flous rendant l’ouverture à ce stade très hypothétique.
  • L’ouverture avec test mais avec une liste de pays indésirables. L’Afrique du Sud a innové, non pas sur les conditions d’entrée qui restent relativement classiques mais sur la liste des pays autorisés. Depuis l’annonce de l’ouverture des frontières aériennes la semaine dernière (passage au Level 1), la fameuse liste se fait attendre. Car l’enjeu n’est pas seulement touristique, il est aussi diplomatique. L’usage veut que la réciprocité s’appliquent. Par ailleurs, l’Afrique du Sud sera sans aucun doute obligée de blacklister la France, le Royaume Uni et les Etats Unis, qui sont parmi les principaux pays “émetteurs” de touristes. Dès lors, les professionnels locaux du tourisme qui réclament une ouverture, risquent bien de voir leurs vœux exaucés… mais pas de touristes en perspective…
  • Il y a aussi ceux qui disent qu’ils vont ouvrir tels que l’Ethiopie ou encore récemment le Sénégal, mais dont les conditions sont encore inconnues, tout comme la date réelle d’ouverture des frontières. Là aussi, les rumeurs font espérer mais les éléments concrets manquent pour envisager un voyage sereinement à court ou même moyen terme. Il restera à connaître quelles mesures créatives ils vont mettre en place…

 

3) Là où nous allons (probablement) :

Si le confinement est une méthode qui semble de plus en plus écartée malgré quelques rechutes sporadiques, la fermeture des frontières reste encore d’actualité. Si l’on part sur le principe audacieux que la raison l’emportera sur le reste, les frontières vont s’ouvrir. Les tests préalables seront sans aucun doute maintenus. Et l’évolution du Covid sera alors (et enfin) seulement déterminée par la capacité de chaque pays à mettre en place les gestes barrières et à les faire respecter par sa population et ses visiteurs… Alors seulement, l’étranger redeviendra un hôte désiré et aimé et nous pourrons, malgré ce virus, recommencer à rêver de voyage, les faire… et vivre à nouveau.

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