Le Safari, au-delà du safari

Le Safari, au-delà du safari

Il est 18h, le soleil se couche dans le ciel immense de cette région d’Afrique. Le 4X4 s’est arrêté, les bouteilles sont sorties dans le faux silence de la nature. Alentours, le regard parcourt l’horizon entre crainte et désir de danger. On est étranger à ce lieu sauvage, où tout peut arriver. Et pourtant, on se sent à notre juste place. Voici en quelques mots tout ce qui résume le bien être du safari. Au-delà de l’approche des animaux, le safari est un art de vivre, un retour à la nature, une méditation intérieure… pourquoi cette activité rêvée ou méprisée sera la star du monde d’après ?

Un art de vivre unique…

Il existe un art de vivre en safari. Quel que soit le standing, les lodges offrent un cérémonial immuable qui séduit et ravit même les voyageurs. Immersion en pleine nature, confort de l’hébergement et plaisir des sens, de tous les sens. Un hébergement souvent construit avec des éléments naturels, bois et végétaux. Une simplicité des formes, des ouvertures vers l’extérieur, peu de divertissements artificiels, ici tout réside sur l’observation de l’inconnu et les plaisirs… boire, manger, discuter, échanger, sans artifice… entendre le feu crépité une fois la nuit tombée et sentir sa chaleur arriver jusqu’à notre chaise en toile confortable… un verre à la main. Le silence règne, le ciel est étoilé, éblouissant de clarté, la bande son est assurée par les insectes, le bruit des feuillages, le craquement inquiétant des branches, les murmures que l’on guette. Les lodges, partout en Afrique et avec un goût variable, cultive ce bien être. Lors de ces moments, j’ai rarement pensé à autre chose qu’au moment que je vivais, un peu comme une méditation durant laquelle nous sommes en contact, enfin, avec le temps présent. Le désir et la crainte, l’inconnu et l’imprévisible sont autant de facteurs qui retiennent le voyageur dans le temps présent…

Qui s’exporte…

Le safari est avant même le souhait de voir des animaux sauvages en liberté, une façon de vivre, avec notre confort, dans une nature totalement vierge dont nous ne maîtrisons rien. Cette immersion en pleine nature, le confort, entraînent un bien être qui se répand partout dans le monde. Juste après le confinement, le premier réflexe des gens en ville, fut de rechercher la nature, les forêts, les parcs, s’émerveiller devant des oiseaux et même des insectes… être enfin connecté à la nature. Ce n’est pas un hasard si le terme de « lodge » se répand dans l’hôtellerie du monde entier… même en ville. Et les codes sont les mêmes : des matériaux naturels, un accès naturel ou supposé à la nature. Mais ce retour à la nature soft (sans trop de bêbêtes) est un vrai mouvement de l’hôtellerie et c’est aussi l’un des fondamentaux qui fait que le voyage en Afrique a encore de beau jour devant lui dans le monde d’après.

Pourquoi le safari sera la star du monde d’après Covid ?

Distanciation de fait, solitude réelle ou supposée, retour à la nature et plaisir épicurien des bonnes choses à boire ou déguster… se retrouver entre soi avec pour seuls compagnons de visibles ou invisibles espèces. Regarder les arbres, découvrir les espèces, retrouver le plaisir simple d’écouter la nature, de s’écouter… Le safari a de beaux jours devant lui car il réunit tout ce qui est aujourd’hui essentiel, tout ce qui manque à ceux qui vivent en ville, vivent sur une autoroute, n’écoutent plus autour d’eux, ne voient que rarement la simplicité fascinante de la nature. Alors, en weekend, on ira en pleine nature, fuyant autant que possible les foules, mais on ne cèdera pas forcément sur le confort. On voit d’ailleurs le voyage dit d’aventure qui ne cesse de croître. Marcher, courir, sentir, vivre, voici des ambitions simples qui seront celles d’une majorité argentée ou pas… car au final, la nature s’offre à tous sans distinction… il demeure certains que l’argent permettra d’aller dans des lieux plus exceptionnels ou de disposer de plus de confort. Mais au final, l’essentiel n’est pas là. Le monde de « juste après » ne sera pas fondamentalement différent du monde d’avant, il évoluera et l’évolution notée les années passées se poursuivront : nature, simplicité, confort, plaisir.

Les perdants temporaires face à ce mouvement

Les villes, la culture, la rencontre de l’autre sont autant de quêtes qui seront moins « tendance ». Eduqués ces derniers mois à craindre l’autre, la foule, il est probable que l’on cherche la solitude, l’entre soi et que les villes en souffrent et ceux qui dépendent de leur découverte… mais ce retour à la nature confortable, s’il est profond et même nécessaire, voire addictif, ne nuira pas à long terme sur la découverte, la rencontre et la curiosité de l’autre… on recherchera l’authentique, fuira le sur tourisme, on prendre notre temps peut être, on osera aussi risquer de ne rien voir « d’intéressant » mais juste voir des choses vraies, vivre des moments vrais…

On peut rêver d’un monde d’après où le voyage comme la vie seront légèrement modifiés, plus sobres, moins ambitieux aussi, à la recherche de besoins primaires. Peut être que tout cela nous amènera un peu plus de vérité… comme celle de ce moment où l’on se couche dans la nuit noir, au son inquiétant de la nature inconnue, sentant le murmure des éléments et se réveiller le matin, dans la silence avec ce sentiment de vivre… pour de vrai.

 

Commentaire (1)

  • Poétique autant que vrai ! Après le confinement dans quelques mettres carrés, les gens vont chercher les grands espaces que l’Afrique sait offrir. Néanmoins le confort n’est pas un must, nos maisons déjà sont douilettes, les besoins de changement, de sens et de retour vers nos racines (ancestrales) s’accommodent de la simplicité d’une tente, avec le luxe de se sentir seul au Monde en communion avec la Nature originelle.

    Jy Marteau
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