La non violence, une réponse toujours d’actualité !

La non violence, une réponse toujours d’actualité !

Alors que la mort de George Floyd soulève une émotion très forte aux Etats Unis et partout dans le monde. Qui n’a pas suffoqué en voyant les images de cet homme à terre criant qu’il ne pouvait pas respirer. Qui, comme lui, n’a pas senti son souffle coupé, ses nuits agitées. Ce qui débuta comme un fait divers de cette ville de Minneapolis parle à l’humanité toute entière. Quand avons nous le droit de dire notre désaccord ou notre révolte? A partir de quel moment, un acte soi disant isolé et ses conséquences parlent à tous, quelque soit leur couleur? Comment, dans l’évolution d’un monde qui se radicalise, faut il s’opposer pour atteindre l’objectif attendu? que cela ne se reproduise plus… jamais.

Quand avons nous le droit de dire notre désaccord ou notre révolte?

Tout le temps. Les réseaux sociaux, le vote donnent le droit à chacun de dire son désaccord avec toute chose même les plus insupportables. Evidemment, la manifestation collective et pacifique est aussi forte; elle montre la portée d’un événement, donne un message et invite les gouvernants à agir, elle condamne. Souvenons nous de l’apartheid. Jusqu’en 1976, le monde ne s’émeut pas plus que cela d’un régime légalement raciste, dont le racisme est inscrit dans la loi. Il aura fallu les événements de Soweto, la mort d’Hector Pieterson, une photo coup de poing pour que l’émotion pousse les gouvernements à boycotter l’Afrique du Sud, la mettre au ban des nations… Mais il aura fallu enfin la révolte mondial contre l’emprisonnement d’un homme, Nelson Mandela, pour que l’histoire d’accélère. Il n’y a pas eu dans le monde de violence, en Afrique du Sud, ce n’est pas la violence qui a libéré ce pays de son régime intolérable. C’est la résistance passive, la persévérance, la discours de la raison contre l’intolérance. Pour ce qu’il se passe aux Etats Unis, première puissance du monde, la lutte devra être la même, mais avec bien plus de détermination de nos gouvernants et de nous-mêmes.

A partir de quel moment, un acte soi disant isolé et ses conséquences parlent à tous, quelque soit leur couleur?

La mort de George Floyd méritait l’émotion, la révolte intime ou criée mais dès lors que Donald Trump n’a pas réagi, condamné; dès lors que la justice américaine inculpe le policier d’homicide involontaire; ce crime devient un crime d’Etat. Cela devient le meurtre perpétré par un policier (dépendant de la ville) mais soutenu par l’Etat fédéral, par un pays. Dès lors, Donald Trump entraîne son pays dans un régime nauséabond et où que nous soyons, cela devient notre affaire. Nous avons donc le droit de dire notre désaccord, de le manifester, quel qu’en soit la manière, conscient que le message que l’on adresse, engage tous ceux qui luttent à vos côtés. Toute action violente discrédite la lutte et condamne son issue. On voit aux Etats Unis que la réponse potentiellement violente des manifestants sert le président contre lequel ils luttent; Le drame initial devient secondaire et la lutte violente le fait oublié. La lutte violente salit la cause et entraîne la majorité silencieuse à l’oubli au profit de celui qui représente l’ordre (supposé). Ainsi, la violence des manifestants, quelle que soit la cause, ne sert pas la cause.

Comment, dans l’évolution d’un monde qui se radicalise, faut il s’opposer pour atteindre l’objectif attendu: que cela ne se reproduise plus… jamais.

Le radicalisme n’est aujourd’hui plus l’affaire des extrémistes éloignés du pouvoir; à la faveur de la percée des populismes, les discours de certains gouvernants ou politiques deviennent insupportables et ce mouvement semble s’accélérer. Trump ou Bolsonaro sont les symboles de ce mouvement mais ils vont avoir de nouveaux relais à la faveur d’une crise économique et identitaire qui va frapper la planète. Les pays se sont recroquevillés, les frontières se sont fermés, l’étranger est un danger, la différence aussi, les discours raisonnables sont considérés comme mous, inutile voire mensongers; promouvoir la raison, la démocratie, la justice sociale deviennent des lieux communs chahutés par les fake news, le pouvoir de l’outrance, le mensonge et la violence. La vérité l’emporte toujours. Il lui faudra du temps mais il faut de la persévérance, de la constance dans la lutte; Le boycott, les mots qui défilent, les photos qui révoltent et parlent, tout agit, tout aide. La lutte massive et non violente sera la meilleure des avocates de la raison.

Notre monde semble être au bord d’un gouffre que nous commençons à entrevoir. Le meurtre de ce pauvre homme et la réponse apportée par le président des Etats Unis ne sont qu’une étincelle d’un monde qui se libère de la bienveillance, de la raison pour se vautrer dans ce qui fait que l’homme est un danger pour l’homme; la haine de l’autre, la violence, l’instinct de survie par la lutte et non la solidarité, l’égoïsme et donc la nationalisme. Sans justice sociale et raciale, le monde poursuivra sa route vers son destin funeste. Il n’est pas trop tard. Choisissons nos armes. Elles ne tueront pas, elles parleront.

 

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