Escapades Africaines – Un rêve de Serengeti

Escapades Africaines – Un rêve de Serengeti

Il est de ces rêves que l’on n’accomplit jamais. Soit parce qu’ils sont trop ambitieux, soit par renoncement et donc une certaine lâcheté, soit bêtement parce qu’on les oublie et que l’on change ; Il est un rêve qui ressurgit ces derniers jours. Un rêve de voyage, un rêve de brousse. Un peu comme quelqu’un qui rêve sa maison en la composant de tout ce qu’il a vu, j’ai imaginé le voyage de mes rêves dans le Serengeti. Comme tout rêve, il n’est pas forcément réalisable, ni même réaliste, et pourtant, j’aime à me le raconter lors de certains jours plus sombres. Ceux durant lesquels l’horizon est obscur.

Cela commence comme un voyage “normal” et aujourd’hui, la normalité d’un voyageur semble si extraordinaire : un boarding pass, l’odeur du kérosène, la longue attente dans un aéroport trop grand. Les écouteurs sur les oreilles, le regard fixé sur le gros avion qui m’emmènera au bout du monde. Puis un embarquement. Pas de queue à l’embarquement, un siège énorme, forcément, dans les rêves, la classe Affaires ne coûte rien. Un long vol, tout doux et sans turbulence. Bien que par les temps qui courent, une petite turbulence ne me dérangerait pas. Quelques films que je n’aurais jamais vus, un repas qui me semble délicieux (bien qu’il ne le soit pas), un petit verre et même plusieurs pour motiver la sieste. Le bruit des réacteurs, le va et vient des amateurs de toilettes et le petit “ding” qui s’allume dès que les PNC l’ont décidé.

Puis une arrivée au petit matin en Tanzanie. C’est un rêve, donc pas d’escale et pas une heure d’arrivée qui ne convienne pas. A l’arrivée, là aussi, pas de queue, un véhicule attend dès la sortie de l’avion pour parcourir les 50 mètres qui séparent l’avion du terminal. Ridicule certes, mais plus agréable que de marcher ou pire, que de prendre un bus d’aéroport. Malgré les apparences, le thème de ce rêve n’est pas d’avoir l’empreinte carbone la plus élevée au monde… Et cependant, ça monte.

Visa fait par l’opération du saint esprit, et sans quitter la superbe berline qui me transporte depuis l’avion. Je me dirige vers un autre avion… Plus petit, nettement plus petit. Salutations au pilote et décollage vers le Serengeti. Deux heures de vol, sans arrêt. Dans les rêves, on est seul ou avec les gens qu’on aime. Donc pas d’étrangers. Et puis c’est mieux désormais pour la distanciation sociale. Survol du lac Manyara, puis du Cratère de Ngorongoro avant d’en découvrir les contreforts et poindre au loin la grande plaine du Seronera. A droite le Lobo, à gauche Ndutu, devant l’horizon.

Sabora Tented CampL’avion ne se pose pas à Seronera. Inutile de gâcher le rêve alors qu’on touche au but. Il se pose dans la savane (oups désolé pour les quelques herbes arrachées) ; Là, un 4X4 électrique (ouf) attend et son ranger est impatient de me montrer la suite de mon rêve… Une heure de piste est nécessaire. Parce que même dans les rêves, il faut attendre quand on touche au but. Au sommet d’une petite colline, une tente est installée… Robert Mark Safaris - specialist in luxury safari travel to AfricaEnfin une tente ; je veux dire un palais avec des murs en toile. Un parquet magnifique, du mobilier en bois et cuir, des sièges confortables et dodus, des tapis, un grand lit, une baignoire digne des films les plus romantiques. Bref, un paradis isolé du monde.

 

Voici ma maison pour les 7 nuits à venir. Autour de moi, rien, la nature, le ciel, la faune sauvage et rien d’autre. On m’abandonne alors ici, sans personne mais avec tout le nécessaire pour survivre (une tente messe bien achalandée et des frigos et cave remplis). Ce serait pas mal d’avoir quelqu’un pour les basses besognes mais ils se contenteront d’agir sans que je les voie. Le feu sera allumé tous les soirs, le repas sera prêt et la table mise. La seule distraction sera de regarder autour de moi. Le seul sport sera de partir matin et soir, à pied, en totale communion avec la nature.

Une marche vers le Sud, puis le Nord, puis l’Est, puis l’Ouest. Et on recommence. Une sorte de retraite sauvage. De celles qui vous remplissent jusqu’à l’ennui. Seuls les éléments réussissent à vous distraire, seul un insecte farfelu, une scène cocasse de la vie sauvage, un bon livre parcouru depuis une chaise longue avec vue réussiront à créer de la distraction.

Singita Sabora Tented Camp | Cable & Grain ToursBref, je rêve de kérosène, d’horizons infinis, de liberté, de ciel étoilé à outrance, de couchers de soleil, de moments de respiration à l’unisson de mon écosystème. Je rêve de bien être, d’insouciance, de confiance aussi. Je rêve de bienveillance, de paix, d’harmonie et de beauté. Je rêve de ces petits bruits à la nuits tombée qui ponctuent le silence du crépuscule. Je rêve du chant des oiseaux qui habille le jour qui se lève. Je rêve de sécurité mais aussi de cette pointe de danger ou de “tout peut arriver” typique des safaris.

Bref, cette semaine rêvée a parfois pu se réaliser en 1 journée mais jamais aussi longtemps. Ce rêve est à la portée de tous, à moindre coût, avec moins de luxe et de pollution inutile. Il est certain que dans les rêves on peut polluer au maximum et l’on rajoute outrageusement des détails superflus… Mais au final, les rêves ne sont jamais totalement réalisés. Particulièrement en ce moment, et c’est heureux, l’esprit peut créer un monde et des moments, en attendant qu’ils se réalisent… un peu.

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