En savoir plus sur le Wax… matière africaine ou pas ?

En savoir plus sur le Wax… matière africaine ou pas ?

Le mot « wax » est sur toutes les bouches depuis 2 ou 3 ans. Des grandes marques s’en sont emparées ainsi que des petites souvent issues de créateurs de la diaspora. Depuis le début de ce qui s’apparente à une mode, il y a deux camps: ceux qui savent et ceux qui pensent savoir. Ceux qui « savent » disent fièrement que le wax n’a, dans sa conception rien de bien africain. En effet, le wax dominant est le wax hollandais… mais porter le wax est devenu un vrai art de vivre qui n’a rien de nouveau et qui fait du wax une matière purement africaine. Voici donc quelques éléments pour se faire une idée.

Tout d’abord « wax » signifie « cire ou ciré » en anglais et définit un tissu de coton recouvert de deux couches de cirage qui le rendent hydrophobe, l’eau glisse dessus… en Afrique sub saharienne, il sert à confectionner des pagnes. Le wax peut être africain, chinois, anglais mais il sera très souvent hollandais.

L’histoire du wax remonte au 19ème siècle. Au 17ème siècle, les Provinces-Unies (actuels Pays Bas), étendant les frontières de leur empire colonial, prennent Malacca aux Portugais, en 1644. Elles conquièrent ensuite Sumatra, Makassar et Java. Au début du 19ème siècle, l’atmosphère étant moins favorable en Asie, les Néerlandais commencent à recruter du personnel sur les côtes d’Afrique de l’Ouest où ils sont également installés pour aller combattre en Asie et défendre leurs intérêts. Ils recrutent notamment des guerriers Ashantis dans l’actuel Ghana, pour les envoyer combattre à Sumatra et à Bornéo ; ces tirailleurs reviendront au pays où ils deviendront commerçants, riches des batiks ramenés d’Asie.

Le succès est immédiat. Les européens, en pleine conquête coloniale voient dans ce tissu le moyen de commercer avec ces peuples guerriers. Des usines fabriquant du batik javanais, ouvrent tout d’abord en Grande Bretagne et commence à utiliser la cire… d’où l’apparition du mot wax. Les hollandais récupèrent l’idée (pour ne pas dire qu’ils la chipent) et perfectionnent la technique. Initialement cette production devait inonder le marché indonésien… mais manque de chance, les indonésiens ne sont pas sensible au produit proposé et le boudent car ils le considèrent de mauvaise qualité pétri de nombreuses imperfections. Afin de trouver des débouchés commerciaux à ce nouveau textile, les hollandais le propose sur la côte de l’Or (l’actuel golfe de Guinée). Les points faibles et imperfections selon les javanais deviennent des avantages et vertus pour les africains. Les navires en route vers l’Indonésie (alors terre néerlandaise) font étape en Afrique où l’entreprise Van Vlissingen & Co. (aujourd’hui l’incontournable Vlisco) travaille le marché avec sérieux et détermination. Au 18ème siècle, le déclin de l’empire Ashanti laisse la place aux missionnaires qui seront suivis par les commerçants néerlandais qui comprendront directement les attentes de la clientèle locale et améliorerons le produit. Cela est appuyé par les missionnaires qui voient dans ce pagne ciré et du goût local, le moyen de couvrir la nudité des femmes.

Ce qui commence en un vrai phénomène de mode issu de la colonisation va donc devenir le textile utilisé principalement en Afrique de l’Ouest. Ce textile est donc devenu africain. Il fait partie de l’uniforme des mamas africaines et symbolisera aussi la mode africaine. Aujourd’hui, de Lady Gaga à Rihanna de Burberry à Agnès B, les marques ont repris le wax dans leur création. Mais la marque qui monte est sans aucun doute la marque française Maison Château Rouge. Son fondateur, Youssouf Fofana explique combien ce textile, qu’il travaille principalement à Paris et en région parisienne fait partie de son histoire, des habits de sa mère ou ses tantes et qu’il est donc le tissu africain par excellence. Le génie de cette marque audacieuse et de l’utiliser de manière novatrice et de s’adresser à tout le monde. Une mode inspirée de l’Afrique, avec un produit issu d’une histoire qu’on ne peut effacer.

Mais tout cela est assez enthousiasmant finalement. Comment l’Afrique et les africains se sont appropriés un tissu, véritable symbole du commerce colonial et comment aujourd’hui le wax est l’un des portes drapeaux de la mode et de l’esprit africain par excellence.

A découvrir bientôt, les habits en wax (non ciré, cela existe aussi) pour enfants conçus par la marque sud africaine Butter Pudding dont les tee shirts sont proposés sur le site Mon Ambassade. Très bientôt, nous vous proposerons des vêtements pour enfants absolument fabuleux, avec un coton non ciré, fait en Afrique du Sud. Normal que cela vienne d’Afrique du Sud, le Cap fut la terre d’accueil des hollandais au 17ème siècle, normal donc que le wax y trouve aussi son chemin…

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