En savoir plus sur la grande migration des gnous…

En savoir plus sur la grande migration des gnous…

S’il est bien un animal de la savane qui dispose d’un physique ingrat, il s’agit bien du gnou (ou wildebeest)… et pourtant cet animal réalise tout au long de l’année un trajet unique au monde, mu par une force invisible qui le pousse à franchir les rivières, les frontières au risque de sa vie. Voici donc quelques informations sur ce phénomène que tant recherchent, mystérieux et fascinant… et les grands poncifs philosophiques que ce mouvement inspire

La scène emblématique de cette fameuse grande migration est la traversée de la rivière Mara, entraînant ces centaines de milliers de gnous dans une aventure périlleuse et spectaculaire qui a nourri depuis des dizaines d’années les grandes documentaires animaliers. Mais cette migration, c’est bien plus que cela.

1 – La grande migration, un mouvement perpétuel

Il s’agit d’un mouvement perpétuel, tel une horloge qui années après années, conduit les gnous accompagnés de quelques antilopes et zèbres à parcourir toute une région dans un sens à la fois précis et pré déterminé. La région dont on parle est l’ensemble que compose le parc du Serengeti en Tanzanie et la réserve du Masaï Mara au Kenya. Mais la population de gnous va et vient de plus loin encore. Certains traversent le cratère de Ngorongoro, d’autres pousseront au-delà de la réserve du Mara. Dans la carte ci-dessous, on découvre ainsi le calendrier des festivités… de fin juin à début août, le moment clé dont on parle aujourd’hui, cette traversée de la Tanzanie vers le Kenya par la rivière Mara… Ils resteront au Kenya pendant quelques mois.

Puis vers le mois d’octobre, ils reviendront en Tanzanie, souvent par d’autres pistes pour aller dans le Lobo pour poursuivre ensuite vers le Sud du Serengeti et la région de Ndutu. Une partie ira vers le cratère de Ngorongoro, une autre, la plus importante remontera par la grande plaine du Seronera et Grumeti entre la saison verte qui débute en mars et se termine en mai… en juin, cette population massive remontera de Grumeti vers la région de Kogatende à l’extrême Nord du Serengeti… et puis, un déclencheur d’origine encore inconnu, les poussera à franchir cette rivière… au péril de leur vie…

2 – Les raisons de la migration

Il existe deux camps distincts, les partisans des mystères de la vie qui ne comprennent ni l’origine ni les raisons de ce mouvement circulaire. A leur crédit, il faut comprendre que le gnou, un animal qui, sans médire ne respire pas l’intelligence, décide de se regrouper par centaines de milliers à un endroit puis d’en partir à un moment dont le déclencheur est inconnu. Pourquoi, ce jour là, ils décide de traverser la rivière Mara et faire le sacrifice de centaines d’entre eux, offrande à la rivière et ses crocodiles géants… J’ai pour habitude de dire que la grande migration a un effet électrisant sur l’intégralité de l’écosystème de cette région… comme un buffet à volonté passant devant des fauves affamés… les scènes de vie sauvage, souvent sanglantes, sont fréquentes et nous démontrent la fragilité de la vie.

Puis il y a ceux qui estiment aussi à juste titre que ces populations d’herbivores bougent là où l’herbe est plus verte… et plus haute… cela vaut aussi… la grande migration passe, telle une tondeuse géante à travers les plaines herbeuses des savanes africaines… une fois la tonte réalisée, on passe à la région suivante. Il est certain que le point commun de cet ensemble naturel est un écosystème quasi similaire de savane herbeuse et de vastes plaines ouvertes… La vérité est sans doute un mélange des deux avec une légère préférence pour la « mystérieuse »… par coquetterie sans doute.

3 – Quelles scènes à découvrir

La grande migration a sa collection de scènes de vie sauvage exceptionnelles à offrir… tout d’abord, ces plaines noires de gnous et autres zèbres et antilopes qui paissent dans ces plaines immenses. Si l’on se met au sommet d’une colline ou d’un kopje (accumulation de rochers apprécié des félins et des voyeurs), une rumeur remonte de la plaine, ces millions de sorte de beuglement de gnou… une sorte de cri sourd et puissant qui se rapproche de celui d’une vache… Cet animal gris à la démarche male élégante pèse tout de même jusqu’à 500kg… Il se reproduit normalement à la saison verte, humide (de mars à mai)… les petits ont le temps de maîtriser la danse des gnous avant de pouvoir traverser la Mara…

Il n’est pas rare lors d’un safari de parcourir avec le 4X4 des plaines noires de gnous. Alors débute une course entre le 4X4 et les gnous qui dans ce mouvement perpétuel courent aux côtés du véhicule s’entraînant les uns les autres dans une course mélange de terreur et d’enthousiasme… la fin de journée dans une plaine pleine de gnous est aussi un moment unique… le bruit demeure mais plus doux, les couleurs deviennent or et un semblant de paix se propage dans la savane… sentiment malheureusement trompeur car beaucoup de prédateurs attendent justement la nuit pour prélever leur part de la grande migration… Puis la scène au-delà de toute les autres est la traversée de la rivière Mara… visible depuis certaines zones du Masaï Mara ou depuis la région non loin de Kogatende en Tanzanie, un bruit, une agitation folle, une mouvement qui semble éternel et inexorable… c’est un must see absolu…

4 – quelles leçons tirer de la grande migration

Vous aurez compris que le côté mystérieux de ce phénomène me séduisait… par conséquent rien d’étonnant à ce que j’en déduise et extrapole des règles qui vont au-delà de ce phénomène naturel… La migration est un phénomène qui appartient aux êtres vivants… le nier est une aberration ; certes il existe des territoires, notamment pour les prédateurs, mais les êtres vivants vont là où ils peuvent vivre ou même survivre… accepter cela revient aussi à comprendre d’autres types de migration plutôt que des les condamner… quand l’herbe est souvent verte dans son monde, il est difficile de comprendre ceux où l’herbe pousse difficilement ou où elle ne pousse que pour quelques uns…

L’autre extrapolation réelle est que « La force naît de l’union ». Là aussi, les gnous ne pourraient survivre seuls, ils ne pourraient affronter l’épreuve de la traversée de la Mara s’ils y allaient en ordre dispersé… cette entente entre eux, ce signal inconnu qui donne le départ de cette course folle est ce qui leur permet de survivre en tant qu’espèce… et là vous me voyez venir, non ? comment lors de crise sanitaire de challenge environnementaux globaux, pouvons nous envisager de nous en sortir seuls, sans union, sans nous regrouper en tant qu’espèce et non en tant que nationaux… Ubuntu, « je suis parce que tu es » est clairement ce qui fait de l’homme une espèce qui pourra survivre à ce monde… car le monde, lui vivra avec ou sans nous… ces mois de confinement mondial l’ont bien démontré.

 

Bref, la grande migration, c’est la vie grandeur nature qui s’exprime devant nous, une analogie de notre monde, un monde où le danger est permanent mais où la beauté est aussi omniprésente… au-delà du plaisir du safari pur, les moments de vie sauvage que l’on y vit nous ramènent souvent à notre condition de mammifère qui a, en bonus, la chance de pouvoir s’interroger sur le monde… et parfois la chance de pouvoir le comprendre.

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