Des lodges africains vraiment « green »… Possible !

Des lodges africains vraiment « green »… Possible !

Imaginez des lodges perdus au bout du continent totalement neutres en impact écologique. Des 4X4 électriques, des panneaux solaires, une eau recyclée sans renier le confort et sans coûter une fortune. C’est désormais possible. Voici un point sur les solutions qui existent et sur ce qu’il va, sans aucun doute, se passer dans les années à venir dans les lodges africains… et au delà.

Le « green »: un tendance qui monte, une opportunité pour l’Afrique

Je pense que l’on est tous d’accord, sauf peut être quelques personnes qui croient en l’autorégulation de la planète ou l’intervention divine, sur le fait que l’espèce humaine, par son fort développement, sa forte croissance démographique aussi, bouleverse les grands équilibres de notre planète. Rien de nouveau là-dessus et pourtant, le monde change. Avant, l’écologie était l’affaire d’idéalistes ou de promoteurs de la décroissance. Il existe une voie, que la technologie permet d’entrevoir. Celle d’un monde moderne mais dont l’impact sur la planète serait moindre, voire, osons le dire, neutre.

Les panneaux solaires et la technologie de stockage d’électricité ont fortement progressé ces dernières années. Des panneaux plus performants et moins chers. Des batteries permettant de stocker plus encore. Mais aussi l’économie circulaire, grande spécialité de fait de nombreux pays africains. En effet et par toujours avec bonheur, le continent africain récolte des produits qui n’ont plus d’utilité ailleurs. Parmi eux, les voitures ou même les vêtements retrouvent une seconde ou troisième vie en Afrique. L’économie circulaire est aussi en vogue. Le succès de sociétés en ligne de vente d’occasion dans tous les domaines se développent fortement.

Voyons ensemble comment la création d’énergie propre combinée à l’économie circulaire peut révolutionner l’automobile en Afrique et pour commencer dans les lodges africains.

Le 4X4 électrique, une réalité possible et économiquement vertueuse

Je ne parle pas ici de 4X4 électrique achetés neufs et au prix fort pour équiper les lodges africains. Mais de l’utilisation des 4X4 existants. Il s’agit alors de conserver ces 4X4, et de leur ôter le moteur thermique qui les équipe. Le bloc moteur dans son intégralité peut donc être enlevé pour être remplacé par une batterie. C’est possible, cela existe d’ailleurs déjà.

Il faut savoir qu’un 4X4 consomme énormément de carburant. En brousse, il faut en moyenne un demi plein d’essence pour aller chercher un plein d’essence. Donc un plein d’essence coûte 1,5 plein d’essence. Un 4X4 en brousse qui est utilisé pour les safaris au sein des lodges, ne circule en général pas plus de 3 heures d’affilée. Il roule lentement, il fait du bruit bien sûr et émet une odeur évidente.

Remplacer le moteur thermique par une batterie revient à supprimer le coût du pétrole, l’usure du véhicule pour aller le chercher, mais aussi l’usure du véhicule lié à l’encrassement lié au carburant. Un 4X4 devenu électrique devient dès lors silencieux et permet de supprimer économique la dépense  onéreuse pour les lodges. En gros, cette solution décuple la qualité du safari vu des clients et permet au lodge de gagner plus d’argent ou… d’être moins cher.

Et les batteries ?

Il n’existe pas encore de réelle solution pour recycler les batteries automobiles. C’est un réel problème mais les chercheurs y travaillent. La consommation de véhicule électrique augmente, mais en l’absence de solution de recyclage, il reste une solution, l’économie circulaire. Les batteries des véhicules utilisés en Europe ou aux Etats Unis (entre autres) sont en général changées alors qu’elles demeurent performantes. Elles disposent encore 80% de leur capacité de stockage et donc potentiellement encore de nombreuses années de vie. La promesse des constructeurs ne pouvant plus être tenues, ces batteries sont changées. C’est là où ces batteries peuvent retrouver une seconde vie. En étant mise dans un 4X4, elles peuvent encore être utilisées des années avec une capacité de 10aines d’heures et d’une grosse centaine de kilomètres. Largement suffisant pour les lodges et leurs véhicules.

Nous avons donc des véhicules conservés et non remplacés par des véhicules neufs et des batteries qui vivent une seconde vie au cœur de la brousse africaine. Cette solution a été développée par la société française Carwatt et installée en Tanzanie notamment par la société E-motion Africa.

Economiquement, pour le lodge, l’économie est énorme, l’amortissement rapide; un 4X4 « safari » coûte entre 80 et 100000$. Cette solution ne coûte que la moitié. Et plus de pétrole, plus d’acheminement de pétrole, plus d’usure du véhicule au delà des pièces telles que les pneumatiques et autres menus détails. Rien qu’en pétrole, en 1 ou 2 ans maximum, l’opération peut être amortie. Au delà de l’économie réalisée, la qualité des safaris s’en trouvent décupler. Et le safari devient alors totalement cohérent avec son environnement et l’impact sur la faune s’en trouve limité. L’expérience, elle, devient folle.

Avec quelle énergie ?

La source d’énergie est la question qui suit. Bien joli d’avoir des véhicules électriques mais si on les alimente avec des groupes électrogènes au pétrole ou avec de l’électricité produite avec des centrales au charbon, la vertu du modèle n’est pas démontrée. Nous en arrivons donc aux panneaux solaires. Dans de très nombreuses zones, l’ensoleillement est important, notamment dans les zones les plus reculées. La solution idéale est donc les panneaux solaires. Leur prix baisse régulièrement et s’équiper d’une centrale solaire est désormais à la portée de nombreux lodges. Ces stations permettent de satisfaire les besoins pour les 4X4 mais aussi pour les lodges. Exit le groupe électrogène ou seulement en cas de secours, et welcome les panneaux solaires. Revenus au lodge après le safari du matin, les 4X4 peuvent donc se recharger pour le safari de l’après midi… et le soir, ils chargeront durant la nuit avec l’électricité produite la journée.

Rien de nouveau sous le soleil, les panneaux solaires sont largement implantés sur le continent, mais pas assez pour satisfaire les besoins. On sait que l’électricité est l’une des clés du développement. Beaucoup de pays ont investi dans l’énergie hydroélectrique (barrages) dont l’impact environnemental est parfois discutable ou dans des centrales à charbon. Alors que les pays côtiers pourraient investir dans l’éolien et les pays continentaux dans le solaire. La faible densité de population permettrait potentiellement de créer de gigantesques zones de production.

Récemment, une filiale de Total, SunPower, a finalisé un accord pour construire à Prieska (Northern Cape en Afrique du Sud), une centrale solaire pouvant alimenter les besoins de 75000 foyers. Cette région, désertique, au centre du pays est un parfait exemple. Le Burkina Faso dispose depuis fin 2017 de la plus grande centrale solaire du continent visant à couvrir à l’horizon 2030, 30% des besoins en électricité du pays. Au delà de l’écologie, les énergies vertes telles que le solaire permettront à bien des pays de produire leur électricité et non plus de l’importer à grand frais. Idem pour le pétrole qui plombe les comptes de nombreux pays qui auraient besoin d’investir sur d’autres postes.

Pourquoi en Afrique ?

Il existe des tas de raisons. La première est que nombre de pays sont en développement, parfois très fort. Ils doivent donc se construire, se reconstruire, bref créer l’avenir. Le nombre d’infrastructures est faible, donc parfois tout est à créer. La solution de l’importation ou du pétrole était une solution simple, rapide, mais coûte et peu vertueuse aussi pour la planète.

Pourtant, le continent est l’une des régions du monde les moins développés et donc les moins polluantes. Mais c’est aussi celle qui va le plus se développer dans les années à venir. Elle doit donc inventer un modèle de développement qui tienne compte de la nature, de son climat pour optimiser son développement. La densité de population est aussi relativement faible, il existe des zones non habitables et notamment les zones désertiques. Ces déserts peuvent devenir des trésors et être les alliés du développement.

Mais la route est longue. L’Afrique du Sud, pays dont les infrastructures sont les plus développées en Afrique sub saharienne, est encore loin. Les véhicules électriques sont rares, tout comme la présence de borne de chargement. Mais, l’avenir semble prometteur. Certains lodges, rares, ont fait ce choix. Je pense notamment aux lodges de Tanganyika Expeditions qui sont précurseurs en Tanzanie sur le 4X4 électrique, le solaire et bien d’autres aspects sur lesquels nous reviendront.

Quand un lodge dépense plusieurs millions de dollars pour modifier la couleur de ses chambres, peut être pourront ils, dans ce monde d’après, prioriser leurs investissements vers de vraies solutions vertes, durables et surtout rentables. Plus besoin de vivre à la dure pour avoir un impact nul sur la planète… Le développement du continent sera vert. Illusoire voire utopique aujourd’hui. Mais grâce à l’innovation des ingénieurs et le progrès des connaissances, grâce à la montée de la prise de conscience inévitable que les ressources de la planète ne sont pas inépuisables, l’avenir, c’est déjà aujourd’hui.

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