Covid en Afrique – 2021, entre espoir et crainte

Covid en Afrique – 2021, entre espoir et crainte

Je ne sais pas vous, mais depuis le début de l’année 2021, je suis partagé entre l’obligation sociale de souhaiter la bonne année et la crainte que finalement, “souhaiter la bonne année” soit so 2020. On se souhaite une bonne année et chacun croise les doigts. On le dit doucement de peur que ce vœu soit une nouvelle fois contredit par le mauvais sort. Les médias tentent vainement et sans trop s’y attarder de trouver des éléments positifs et il y en a eu à cette année singulière. Mais tout cela est vite balayé par l’actualité, la crainte de l’avenir immédiat, alors que le vaccin a créé l’espoir, vite bousculé par les mutations de virus et la crainte de “repartir pour un tour” de la tour de la terreur. Cependant, il s’agit de faire un point sur la situation en Afrique. Alors que l’Afrique du Sud fait parler d’elle avec ce mutant mystérieux et que les autres pays se referment ou vivent toujours comme si de rien n’était. Clairement, on n’est pas sorti de l’auberge, mais on en sortira, n’est-ce pas?

L’Afrique Australe:

Les pays d’Afrique Australe envisageaient fin décembre avec une certaine sérénité. La Namibie et le Botswana se sont rouverts et malgré une green season arrosée, ont accueilli leurs premiers voyageurs depuis bien longtemps. Les sud africains, sonnés par ces longs mois de confinement et de fermeture, se mettaient à rêver d’un retour des touristes. Parallèlement, ils profitaient pleinement des fêtes qui correspondent aussi à notre équivalent (1er au 15 août) avec une décontraction compréhensible bien que coupable. Mais, avant cela, le mutant est arrivé. Une version mutante du virus, dont des éléments clés ont été modifiés, faisant craindre que le vaccin devrait être modifié. Malgré certains messages rassurants, et même ceux des labos qui estiment que le vaccin ARN pourra subir des modifications rapidement. Malgré l’envie de tous de passer à autre chose, de rayer cette année 2020 de nos mémoires. Le nombre de cas positifs augmentent très fort, et avec eux, le nombre de morts et la tension dans les hôpitaux.

Cela a immédiatement tué dans l’œuf tout redémarrage des voyages en Afrique du Sud et le pays retourne doucement et sûrement vers un confinement total (pas encore acté mais tout indique qu’ils y arriveront dans les jours ou semaines à venir). Dans la foulée, les pays voisins se sont refermés. Mozambique et Zimbabwe en tête. Nul doute que la Namibie et le Botswana suivront. La peur s’est fait une beauté pendant les fêtes et revient donc en pleine forme pour la saison 2.

Difficile d’avoir des certitudes aujourd’hui sur les semaines à venir mais ce mutant vient troubler tous les plans. Et dans le même temps, l’Afrique du Sud n’avait ni commencer, ni même planifier la vaccination de masse. Voilà qui n’augure rien de bien folichon quand partout ailleurs, le seul espoir de tourner la page réside dans… le vaccin. Bref, bonne année 2021 et retour de l’impermanence et de l’incertitude.

L’Afrique de l’Est:

La situation est très contrastée dans cette région. La Tanzanie, toujours dans le déni de l’existence du virus depuis avril 2020, fut le grand gagnant de cette fin d’année. Zanzibar était complète, les safaris bien remplis. La Tanzanie fut la star des voyages de cette fin d’année… avec les Maldives. Là bas, pas besoin de test PCR 72h avant de partir, pas de masque, pas de virus. Résultat de ce déni, des gens qui repartent et un pays qui limite les dégâts et fait figure de destination d’avenir… ce qu’elle est à n’en pas douter. Le Kenya, plus frileux, connaît cependant depuis décembre une sérieuse baisse de ses courbes et il s’est réouvert avec quelques précautions “normales”; La côte était pleine de joyeux baigneurs et la vie semble reprendre son court. L’Ouganda voit aussi ses courbes baisser quand le Rwanda les voit augmenter sérieusement depuis décembre. Le Rwanda demeure le seul pays dans la liste dorée des pays autorisés à entrer dans Schengen…

La situation demeure incertaine comme ailleurs, avec cette inconnue du mutant. Mais aux mêmes raisons mille fois reprises expliquant le faible impact du virus sur le continent, les mêmes effets. Le mutant comme le virus d’origine sont nocifs partout, mais assez peu en Afrique. La prudence reste de mise cependant et nul triomphalisme face aux pays développés (les plus touchés) n’est souhaitable… On aura besoin d’eux, en forme, après.

Afrique de l’Ouest et Madagascar :

Bien que les chiffres demeurent faibles, une reprise est en train de se produire au Sénégal et au Nigéria quand la Côte d’Ivoire a une courbe bien plate. Le redémarrage de l’épidémie semble être en cours. La seule question est de savoir si elle sera aussi limitée que les vagues précédentes. Rien d’alarmant, mais la reprise des voyages de loisirs s’est faite pour quelques habitués ou résidents mais la région demeure encore largement sinistrée et désertée par les voyageurs.

Madagascar, quant à elle, qui fut très dure dans la fermeture, ouvrant puis fermant ses frontières. Au cœur de sa saison humide, l’île rouge voit le nombre de cas réduire fortement et l’espoir revenir prudemment pour une ouverture au printemps, en début de saison.

Alors, on fait quoi ?

Si vous êtes européens, nul doute que d’ici l’été, si vous êtes volontaires, vous serez vaccinés. Vous pourrez alors repartir en Afrique. Il ne fait quasiment aucun doute que le vaccin sera exigé avant de voyager comme c’est le cas aujourd’hui avec la fièvre jaune dans certains pays; Evitons tout suspens là dessus. Si vous êtes anti vaccins, vous resterez sans doute à la maison.

Le redémarrage réel a déjà commencé dans certains pays comme la Tanzanie. Si la tendance baissière se confirme (pas gagné), si les stats en France et ailleurs en Europe s’arrangent (pas gagné non plus), vous pourrez aller ailleurs. Un redémarrage lent et dispersé est probable au printemps avant d’attendre l’été et le second semestre. Cette fois-ci on tient le bon bout.

Ils sont nombreux, expatriés en Afrique pour beaucoup, à nier la virulence du virus, ses dégâts, et à rire, gorge déployée et bouche ouverte depuis leur piscine. Je pense que peu à peu, malgré notre impatience, notre souffrance, nos piaillements réguliers, nos railleries habituelles, les précautions prises pour venir à bout de ce virus font consensus. Le vaccin aussi fera consensus, de gré ou de force. La vaccination deviendra obligatoire à quiconque veut voyager. En espérant que ce vaccin viendra bien à bout de la pandémie et ne jouera pas avec l’immunité.

Bref, une année qui commence le cœur serré, l’espoir encore vivant mais fragile. L’envie désespérée de repartir et faire repartir les gens en Afrique; les hôtels, les guides, les compagnies aériennes, les millions de personnes qui dépendent du tourisme en Afrique attendent. Inutile de demander comme certains un impossible “quand”. Garder espoir, c’est déjà pas mal. Voici ce que je vous souhaite et ce que je me souhaite aussi: garder espoir.

Bonne année 2021

 

 

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